La folie de Camille Claudel

La folie de Camille Claudel

J’ai voulu comprendre l’origine de la folie de Camille Claudel, la célèbre sculptrice, internée par sa mère et son frère Paul.

Photo de Thibsweb

Voici donc son histoire et une constellation familiale selon Bert Hellinger.

L’histoire de Camille Claudel

Je l’ai pioché les informations sur geneastar. Voici les faits marquants de sa généalogie :

  • Sa grand-mère maternelle Louise Thierry est morte en couches à la naissance de son fils Paul qui s’est suicidé à 23 ans.
  • Charles Henri, son frère ainé, est mort à 16 jours.

Elle a eu au moins un avortement et peut-être des enfants avec François Rodin. Son frère Paul l’interne en 1913 en déclarant avec bonne conscience « Tuer un enfant, tuer une âme immortelle, c’est horrible ! » et elle mourra 20 ans plus tard.

La constellation familiale selon Bert Hellinger de Camille Claudel

Comme l’intrication la plus probable est celle avec sa grand-mère maternelle, j’ai commencé par elle et sa fille, la mère de Camille.

Les parents maternels et l’oncle Paul

La mère, Louise, vient à la droite de sa mère, la grand-mère Louise, morte à la naissance de Paul. Elle veut donc probablement prendre la place de l’arrière grand-mère car il lui est difficile de s’appuyer sur sa mère morte en couches quand elle avait 3 ans.

L’oncle Paul vient à la gauche de sa mère qui meurt en couches et s’allonge au sol. L’oncle Paul se sent mal vis-à-vis de sa mère.

La famille Camille

Charles Henri, le premier fils, vient à la droite de sa mère Louise qui s’éloigne. Puis il s’allonge au sol. Nous avons la configuration suivante :

Camille vient en face de son frère ainé allongé au sol et la mère continue à s’éloigner, qui veut surement rejoindre sa mère. Camille dit qu’elle a envie de partir et est fasciné par son frère Charles Henri allongé au sol et a envie de s’allonger à coté de lui.

Puis, l’oncle Paul meurt noyé… et s’allonge auprès de sa mère.

Rodin et Camille

Rodin vient et regarde par la fenêtre, ce qui signifie qu’il est aussi morbide. C’est normal, Camille confondant son frère mort qu’elle prend pour son âme sœur et Rodin. Je fais venir la sœur de Rodin, Marie Louise, morte à 25 ans quand il en avait 22. Elle se met à sa droite…

Les enfants putatifs de Camille et l’hôpital psychiatrique

Je fais venir un enfant et aussitôt, Camille se place derrière lui.

Puis, l’hôpital se place derrière elle et Camille s’en éloigne. Elle n’a pas envie d’y aller. « Cela m’enlève mon enfant ». Puis l’hôpital se déplace et va vers le frère mort. Camille identifie l’hôpital comme quelqu’un de la famille.

Je fais venir Paul, son frère, qui se place derrière Camille, le protégeant ainsi de l’hôpital. Il déclare qu’il préfère que Camille y aille à sa place. L’hôpital a envie de se mettre à côté du frère Paul, ce qui confirme que Camille le fait contre son gré pour son frère.

En conclusion, Paul le suicidaire fait porter le chapeau à sa sœur Camille

Contrairement à l’hypothèse de l’avortement, la folie de Camille est systémique, et vient de la mort de son frère Charles Henri (d’où son prénom ambigu) et de sa grand-mère maternelle.

Son frère Paul, doublement suicidaire par la mort de son oncle et de son frère ainé, préfère que Camille le fasse à sa place, même si elle n’est pas d’accord. Il déclara « J’ai tout à fait le tempérament de ma sœur, quoiqu’un peu plus mou et rêvasseur, et sans la grâce de Dieu, mon histoire aurait sans doute été la sienne ou pire encore. »

Pour aller plus loin

  • « La mort en couches », des citations de Bert Hellinger sur la dynamique des personnes de la famille et de celle de l’enfant (2e partie).
  • Une analyse plutôt psychanalytique des traumatismes de Camille.

Si vous avez des remarques, laissez-moi un commentaire.

17 réflexions au sujet de “La folie de Camille Claudel”

  1. Bon, j’ai mis plusieurs fois avant de comprendre, et il y a bien une erreur, à la fin : il y a écrit : la folie de Camille est systémique, et vient de la mort de son frère : non, son frère Paul est mort après elle ! Mais oui, il y a une telle confusion avec le frère Paul et l’oncle Paul, que même l’article s’en ressent et moi je me sentais vraiment embrouillée à le lire.

    Ce me fait la même chose avec la généalogie de ma famille où il y a des prénoms semblables sur deux générations, et ça donne une confusion dans l’esprit : on finit par ne plus savoir de qui on parle : oui, ça rend fou !!!

    • Elle vient de la mort de son frère aîné Charles Henri et de la tendance suicidaire de son frère vivant Paul… J’ai précisé….
      Comme cela rend fou, Bert conseille de changer de prénom, ce qu’aurait pu faire Paul…

  2. C’est dingue ça ! Vous n’avez pas changé le prénom ? parce que j’ai lu : la folie de Camille vient de la mort de son frère Paul (d’où son prénom ambigu), et de sa grand-mère…
    Comment ai-je fait pour lire Paul plutôt que Charles-Henri ?
    Du coup, je ne comprends pas en quoi Charles Henri est un prénom ambigu.

  3. Heu non, en fait si ma mère a fait une fausse-couche juste avant moi, si cela compte.
    Par contre ma grand-mère paternelle a perdu un bébé de 3 semaines et 3 enfants jeunes adultes. Et mon grand-père paternel a eu aussi sa naissance entourée d’enfants décédés avant et après lui.
    Et à la génération au-dessus, tout autant. Oui, ça fait beaucoup d’enfants morts.

    Mais ce qu’il me vient : une fausse-couche peut-elle être considérée comme un suicide : c’est ce que je m’étais dit lorsque j’avais lu un témoignage de la journée où cela s’est produit : je m’étais fait la réflexion que ce bébé avait dû préférer se tirer plutôt que de tomber dans une famille comme ça !
    D’où j’aurais amalgamé Paul suicidé noyé (dans le liquide amniotique !) et Charles-Henri, bébé mort juste avant Camille ! Et justement, l’histoire de Camille résonnait pour moi.

    Mince : et dire que quelqu’un m’avait dit, justement dans une constellation familiale que cette fausse-couche n’était pas très importante : j’ignore comment elle l’avait déterminé ! Du coup, j’avais laissé tomber, mais avec quand même un sentiment de frustration : ben oui, j’ai tant de mal à aller au bout d’un projet. Je rate tant. Cela aurait-il un rapport ?

  4. J’ai toujours pensé que c’était un garçon ! Ben oui, les projets actifs, comme si je ne me sentais pas le droit de paraître, de me montrer. Je m’identifie ?

  5. j’en ai trois, mais on ne se voit plus, ça ne se passait pas bien. Me suis sentie isolée, coupée de ma famille. Oui comme Camille.
    mais ce sont trois oncles paternels et non maternels qui sont morts jeunes.
    Celui qui est mort à 20 jours s’appelait Henri et le suivant s’est aussi appelé Henri et celui-là est mort à 20 ans à la guerre. Sur les photos, on voit qu’il n’a pas envie de vivre.

    Mais en effet, par rapport à mes projets, je me souviens qu’une amie qui en avait marre que je n’arrive à rien m’avait demandé d’une façon forte : « Mais que veux-tu ?  » Et là, c’était : « Mourir ! » Ca m’a tellement stupéfaite que je n’ai osé lui dire : c’est vrai que j’ai un fond suicidaire, mais je le cache, comme si je m’en sentais coupable.
    Et c’est vrai que bébé, j’étais anorexique. Mais plus maintenant, et j’aime me sentir vivante.

    • Henri, tout comme le 1er frère de Camille. J’espère que vous n’avez pas un frère vivant qui s’appelle Paul… L’anorexie vient du fait de vouloir sauver le père…

          • Ah bon ! Et pourquoi il aurait eu envie de mourir mon père ?
            Ah, parce qu’il était le dernier et qu’il a eu trois frères morts avant lui, dont un avant sa naissance : pourtant il a échappé à une rafle, et s’est marié tard pour avoir des enfants, il nous l’a dit.
            Oui, il avait un côté fataliste, mais mon ressenti m’avait plutôt dit que ma naissance avait dérangée ma mère, et moi je voulais pas la déranger. Donc anorexique pour moi, c’est plutôt ne pas être un poids pour ma mère.

  6. C’est incroyable, je suis allée voir la page « frère », et oui, en effet, j’ai bien des relations fraternelles avec mes relations longues durées et chaque fois, hélas, je prends un amant pour le charnel : je n’arrivais pas à comprendre pourquoi je faisais ça.

    Je suis épatée par le travail que vous faites là. Finalement, où est le libre-arbitre ?

    • Et aussi oui, j’ai tendance à engager des relations avec des hommes qui m’abandonnent vite et ça me fait souffrir et ça me met en colère !
      Et je n’arrive pas à changer ça : mais maintenant que je comprends, ça va peut-être pouvoir arriver, qui sait. En tout cas merci pour votre écoute.

    • Bert Hellinger dit que l’on peut être heureux même dans l’intrication. Quand au libre arbitre… Marlis allemande; me disait avoir le choix de la bière et moi, comme français, que j’avais aussi celui du vin.

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