La liberté selon Bert Hellinger

Voici un texte extrait du livre de Bert Hellinger « Liebe am Abgrund« , « L’amour au bord du précipice », qui aborde les maladies psychiatriques où il raconte une histoire à Agnès lors d’un séminaire.

Un jeune homme s’adresse à un maître : « Dis-moi ce qu’est la liberté. » « Quelle liberté ? » lui demanda le maître.

La première liberté, celle du psychotique, est la folie ; elle ressemble à la monture qui désarçonne son cavalier. Mais ensuite, on sent son emprise avec d’autant plus de force. Il est toutefois permis de se défaire du mauvais cavalier. On peut se débarrasser du mauvais cavalier, les psychoses, par exemple. C’est là un mauvais cavalier. Ce serait cela, la liberté.

La seconde liberté est le remords. Elle ressemble au barreur qui reste sur l’épave après que le navire a sombré au lieu de monter dans les canots de sauvetage. Ce navire qui ne peut aller plus loin et à bord duquel certains demeurent est parfois la psychiatrie. Les canots de sauvetage sont prêts à intervenir.

La troisième liberté est la lucidité. Pour beaucoup, elle ne survient qu’après la folie et le regret. La compréhension de la vie ressemble à une tige qui oscille au gré du vent. Et parce qu’elle plie là où elle est vivante, elle tient bon.

Le jeune homme demanda : « C’est tout ? » À cela, le Maître répondit : beaucoup croient chercher eux-mêmes la vérité de leur âme, alors que la Grande Âme pense et cherche à travers eux. À l’instar de la nature, il peut se permettre une grande marge d’erreur. En effet, il remplace sans effort et en continu les acteurs inappropriés par de nouveaux.

Et maintenant vient l’essentiel : elle accorde parfois une certaine marge de manœuvre à celui qui la fait réfléchir. Et telle une rivière portant les reflets qui dérivent au fil de l’eau, elle les transporte, forte de cette union, vers de nouveaux rivages.

Hellinger : c’était la préparation.

Annie, souriant : je n’ai rien compris.

Hellinger : Parfait. Dans ce cas, tu ne peux pas soulever d’objection.

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