Frère et soeur, de Rainer Maria Rilke

Frère et soeur, de Rainer Maria Rilke

J’ai voulu comprendre la dynamique cachée de la nouvelle de Rainer Maria Rilke, frère et soeur, issue de son livre « Histoires pragoises » en animant une constellation familiale.

Bert Hellinger était un grand admirateur de Rainer Maria Rilke et comparait la schizophrénie à un de ses poèmes Das Panther.

L’histoire de « Frère et soeur »

Cette nouvelle, écrite en 1899, conte l’histoire d’une famille tchèque, Wanka, dont le père Joachim s’est fait tuer par un braconnier. Sa femme Joséphine et ses 2 enfants Zdenko et Louisa déménagent alors à Prague avec leur servante Rosalka.

  • Pour assurer les études de son fils Zdenko qui se promène avec son ami Kezek, Joséphine Wanka repasse chez la famille du colonel Meering d’origine allemande.
  • Zdenko meurt prématurément. Sa chambre est alors louée à un allemand, Ernest Land. Sa sœur Louisa apprend le piano chez les Merring puis donne elle-même des cours.
  • Quand Mme la colonelle annonce la mort de Mme Wanka à sa fille Louisa, celle-ci déclare garder la servante Rosalka et Ernest Land.

Que signifie donc cette histoire où un allemand prend la place d’un frère mort ? Voici un schéma des personnages :

La famille tchèque Wanka est à gauche et la famille allemande Meering à droite

La constellation familiale de « Frère et soeur »

Plaçons les tchèques, les allemands et la mort du frère.

La famille Wanka est désorganisée

Joséphine la mère se place à la droite de Joachim le père qui a envie de s’allonger au sol. Le fils Zdenko vient s’appuyer sur son père et Louisa vient à la droite de sa mère. Nous avons la configuration suivante :

  • Dans cette configuration, la fille, à la droite de sa mère, prend la place de la grand-mère maternelle ou d’une sœur aînée.
  • Le fils, à la gauche de sa mère, remplace un frère ou un partenaire précédent de la mère…
  • Quand le père meurt, tué par le braconnier, parce que le père « l’empêche de braconner » le fils se sent mal et la mère se sent plus légère car la situation lui paraissait « pénible ».

Ainsi, le père était suicidaire et la mère n’en n’avait cure, ayant son fils chéri à sa gauche et sa fille pour elle, à sa droite.

Le colonel Meering

Arrivé à Prague, les personnages se placent vis-à-vis du colonel. Joséphine Wanka vient à la droite du colonel. Son fils, Zendko se place à la droite de la mère et remplace ainsi le père mort. Louisa se demande pourquoi ils sont partis.

Comme je demande à Joséphine si elle a fricoté avec le colonel, elle me dit « pas encore ».

La mort du frère et l’arrivée du locataire

Zdenko meurt pour rejoindre le père.

  • Sa mère est affectée par la mort de son fils et a envie de le rejoindre.
  • Sa sœur Louisa n’est pas affectée et quand Ernest Land, vient louer sa chambre, il lui plait aussitôt ! « Il est mort, alors il est mort. C’est sympa d’avoir un ami. »

Enfin, la mère meurt, sûrement pour rejoindre son fils. Sa mort laisse indifférent le colonel. Ernest est très intéressé par Louisa qui fait bien la différence avec son frère.

En conclusion, la sœur ne suit pas le frère mort

Dans cette histoire, le fils meurt pour rejoindre son père suicidaire mort, puis la mère meurt pour rejoindre son fils dans une dynamique « je te suis ». Par contre, la fille est complètement indifférente à ces histoires de famille. Est-ce possible ? La fable sous-entendue est donc qu’il suffit d’aimer un homme pour faire le deuil d’un frère, pour ne pas le suivre dans la mort.

J’animerai une autre constellation familiale pour faire le parallèle entre cette histoire et la généalogie de Rilke.

Si vous avez des remarques ou si vous voulez assister à une constellation familiale, laissez-moi un commentaire.

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