La colère du survivant est reprise par la fille du résistant

Le thème des résistants apparaît quelquefois dans les constellations familiales selon Bert Hellinger. Il touche victimes et persécuteurs, ceux qui y ont participé et  leurs descendants.

Résistance

Voici un exemple de cette dynamique qui touche victimes et persécuteurs et qui montre comment les sentiments peuvent être repris.

La question initiale

La cliente me dit qu’elle a peur que « tout tombe d’un coup, de se retrouver démunie, sans rien ».

Comme je note qu’elle pose une main sur le poignet de l’autre, signe d’avortement ou de meurtre dans la famille, je lui demande s’il existe des militaires ou des résistants dans la famille. Elle me dit que son père était résistant, qu’il passait des familles en France libre, mais qu’il n’a jamais tué.

Je lui demande de placer une personne pour son père et une autre pour une personne qu’il a aidée à faire passer en France libre.

Le premier placement : le passeur et le passé

Ils sont placés côte à côte, le père est à la gauche de la personne qu’il a aidée. Le père a les mains qui s’éloignent légèrement de son corps, les doigts écartés, signe de dynamique de meurtrier, courant chez les résistants, même s’ils n’ont tué personne. J’ai ainsi vu des personnes impliquées qui passaient seulement des lettres.

Allemands, juifs et passeur

Je demande alors à la cliente de placer une personne que le père n’a pu sauver. Elle est placée en face des 2 autres et a envie de s’allonger au sol. Je demande alors de placer deux représentants, un pour la cliente et un autre pour un allemand. La représentante de la fille du résistant, la cliente, est placée à côté de la victime. Nous avons la configuration suivante :

Résistance1

La fille est intriquée dans le destin d’une personne qui a tout perdu, morte. Je fais dire à la personne allongée au sol « ici,ce n’est pas ta place » en s’adressant à la fille.

Le père a toujours sa dynamique de meurtrier, ainsi que la personne qui a survécu. 

La confrontation entre juifs et allemands

Je confronte alors l’allemand, responsable du départ des juifs, et la personne juive morte. Au bout d’un certain temps, elles sont en paix. Comme la personne qui a survécu bouge la main droite, je place l’allemand et sa victime à sa droite. Cela la calme petit à petit. Je demande à la représentante de la fille d’enserrer victimes et persécuteur dans ses bras. 

J’éloigne le père, amène la mère et les éloignent des juifs et des allemands. Nous avons la configuration finale suivante :

 

resistance3

 

Comme tout le monde est en paix, je demande à la cliente de reprendre sa place. Elle sent la colère monter en elle, c’est celle de la personne qui a survécu. Je fais dire à son père « je suis en paix. Tu peux être en colère, si c’est la tienne. ».

En conclusion : sentiments et intrications

Voici les dynamiques observées :

  • La victime morte est celle qui est le plus facilement en paix.
  • Le survivant est toujours en colère contre l’allemand responsable.
  • Le résistant a la dynamique de meurtrier.

Les personnes les moins touchées dans les faits compensent par des sentiments « étrangers ». La fille du résistant « meurtrier » s’identifie à une victime réelle et reprend la colère d’une personne qui a survécu.

J’anime des constellations familiales depuis plus de 10 ans et celle-ci m’a fasciné. Elle montre comment les personnes qui reprennent des sentiments étrangers vont à l’encontre de la paix et de l’ordre dans le système.

Comment résoudre toutes ces dynamiques ? En réhabilitant victimes et persécuteurs, en les prenant dans les bras, avec amour pour tous.

 Si vous avez des remarques, laissez-moi un commentaire.

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4 Responses to La colère du survivant est reprise par la fille du résistant

  1. kris 18 juillet 2013 at 21 h 19 min #

    bonsoir, j’ai suivi le guide, (sarah) et je suis scotchée par cette explication. j’y étais moins sensible avant, c’est la deuxième fois que je le vois. mais j’étais ailleurs….
    Est-il raisonnable de penser que la petite fille qui est élevée par son grand père, survivant de la guerre 39-45, puisse aussi avoir cette colère du survivant ? Je suis restée de l’âge de deux mois à l’age de 4 ans , chez mes grand-parents,
    la guerre était un sujet « tabou », je les considère comme mes parents… Peut-être est ce pour cela que je ne peux communiquer avec ma mère (fille du résistant), la victime…. et moi, la rebelle …. merci de votre réponse.

    • admin 19 juillet 2013 at 4 h 59 min #

      Il est plus probable que vous soyez identifiée à une fille qu’ont perdu vos grands-parents maternels. Est-ce le cas ?

  2. kris 10 septembre 2013 at 19 h 56 min #

    non, ce n’est pas le cas.

    • admin 11 septembre 2013 at 8 h 35 min #

      Cherchez alors une autre fille morte, une de leur soeur ou une mère…

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